Catégorie : L’histoire passionnante d’un pêcheur à la mouche

  • 25 années au service de la pêche à la mouche

    Et presqu’autant d’années au service de la pêche en rivière!

    Propos recueillis par B. Chermanne

    Le Pêcheur Belge (L. P. B.) : Pourrais-tu nous décrire ton parcours de pêcheur à la mouche ?
    G.D. : Dans les années 70, à vélo, je partageais les rives de la Lasnes dans le Brabant Wallon, à 2 km à peine de notre maison.
    C’est une petite rivière de 2 ou 3 m de large, me permettant de patauger en culotte courte.
    J’y pêchais principalement au toc. La petite canne se rangeait facilement le long du cadre du vélo, et en bandoulière, le panier d’osier faisant office de garde-manger, où je rangeais également les quelques vers de terre, et bas de ligne…
    Comme chaque année, mes parents organisaient un Pique-Nique le long de la Semois, un peu plus loin qu’Herbeumont.


    Les foins étaient à peine coupés, déjà je partais le long de cette mystérieuse rivière, absorbé par le vol des insectes.
    Je regardais avec admiration ces Messieurs endimanchés, fouettant d’un geste ample le dessin de leur âme à travers la chaleur estivale.
    Le déclic ne se fit pas attendre, rêvant déjà à mon retour le long de la Semois.
    « A l’année prochaine belle demoiselle… Apporte-moi ce baiser sur la surface de l’eau, comme l’image de cette belle adolescente que fut dans les années 80, découvrant mes premiers amours…

    L. P. B. : Plutôt mouche ou plutôt réservoir ?
    G.D. : Ce n’est qu’au début des années 90 que je retrouve en Normandie cette passion de jeunesse. Dans le département de l’Eure, j’y retrouve mes cousins (anciens belges).
    Présentant mon épouse lors d’une rencontre à la ferme, Thierry m’invite à une partie de pêche.
    « Comment ? J’ai plus pratiqué depuis déjà de nombreuses années. Peux-tu m’aider ? »
    Et me voilà retourné au bord d’un lac, en barque, près de Dreux.
    Au retour de nos vacances, je passe à la librairie du coin.
    « Bonjour, auriez-vous une revue sur la pêche à la mouche ? »
    Oui, dit le marchand, et il me tend…Le Pêcheur Belge.
    Petite annonce à la dernière page du magazine :
    « Donne cours de pêche à la mouche – le long du Viroin ! »
    Le choix était fait, la vie de la rivière m’avait envouté.

    L. P. B. : Comment l’idée de te lancer dans l’aventure d’un magasin d’articles de pêche mouche t’est-elle venue ?
    G.D. : 1992. Mon premier rendez-vous avec mon moniteur.
    « Vous pêchez au Toc ? dit-il. Oui mais aussi un peu à la mouche. »
    De là, et pendant deux années, je fleurtais avec l’adultère.
    Ne pouvant décrocher mon regard de cette nature épousant mes rêves d’enfant.
    Fuyant le travail, inventant des rencontres ou des rendez-vous me permettant de me libérer encore et encore.
    Après deux ans de pratique, je décide de changer ma vie professionnelle.
    « Une passion – un métier – un enfant »
    En 1994 mon fils Hendrik se présente en octobre.
    En plus d’être un aventurier, j’étais devenu papa !

    Tout suite après cette naissance, je décide de créer ma propre marque. Je montais des cannes, je fabriquais des mouches, des bas de ligne auto-flottant, j’ai même créé un gilet. Du travail artisanal, sans compter mettre en pochettes les billes, les hameçons, les plumes, faisant des teintures.
    Bref, j’étais devenu la première marque belge dans le monde de la pêche à la mouche.

    L. P. B. : Combien de références proposes-tu aux moucheurs et quel est/ quels sont ton/tes produit(s) phare ?
    G.D. : La passion est le multiple des mots.
    Au plus tu utilises des mots et au plus tu as de références.
    En d’autres termes, pas moins de 3628 références, sans compter les tailles ou les couleurs (20697).
    Mais ceci est très dangereux, car le cœur de la passion est proche du portefeuilles…
    Dans mon métier, et même dans beaucoup d’autres, il est préférable d’avoir un bon crayon qu’une bonne canne à pêche.
    A l’écoute du client, nous déterminons ensemble un équipement complet. Passant du matériel de pêche ou du matériel de montage.
    Car mes clients sont aussi passionnés par le montage mouche.
    C’est soit acheter de la technique ou acheter un prix ?
    Je ne vends pas un produit, je partage des émotions.

    L. P. B. : Les visites de ton magasin se font uniquement sur rendez-vous. Pourquoi as-tu choisi ce type de rencontre avec les clients ?
    G.D. : La pêche c’est le partage et être à l’écoute.
    Un peu comme un médecin, les clients me téléphonent car ils ont un problème à résoudre. Ils s’interrogent sur la meilleure façon de duper Maître Esox ou bien l’étendard, voir la barre argentée et sa cousine habillée d’or.
    Au Coin Mouche, dans le garage depuis mes débuts, les mûrs cachent des trésors, des histoires partagées à travers le monde de la pêche à la mouche. On se chuchote les secrets…
    A chaque rencontre, une nouvelle page s’ouvre.
    Que ta passion ne soit qu’à quelques km, ou bien à plus de 10000km, il te faut comprendre les principes des différentes techniques de pêche à la mouche.
    Une soie de pêche ou l’action d’une canne se choisit en fonction de tes émotions, et au bord de notre parcours de pêche.
    Alliant l’intimité des émotions, mais aussi les expériences partagées.

    L. P. B. : Comment a évolué le marché en 25 ans ? Je crois savoir que tu n’as pas loupé le virage numérique…

    G.D. : Un artisan ne vit pas que pour l’argent. Il vit avec passion les changements économiques.
    Par de multiples rencontres entre professionnels, j’ai pu m’apercevoir qu’il ne fallait pas vendre pour vendre. Mais savoir sélectionner les produits du moment présent.
    Certes, nous passons du naturel au synthétique, de la mouche sèche à la nymphe.
    Du posé délicat au splatch de la nymphe Jig à la tête tungstène.

    Mais le beau, le pur, ce qui fait rêver reste toujours une valeur sûre.
    Oui, il y a beaucoup de marque bon marché, mais crois-tu que tu puisses payer ton électricité en vendant un outil de montage à 5€ ?
    D’autant plus qu’un client qui achète un article à 5€ fait une économie en rapport au même article de marques techniques. Il viendra un jour acheter l’outils auquel il a tant rêvé.
    De ce constat, et grâce aux études de mon fils Hendrik, une nouvelle approche de la vente est née. Tout d’abord un site internet www.debefly.com.
    Mais aussi le marketing de réseau, la communication.
    En plus d’être un commerçant passionné, je suis devenu un professionnel dans la logistique et le marketing de réseau.

    L. P. B. : Tu as décidé, voici quelques années déjà, de ne pas participer en tant qu’exposant au principal salon mouche qui se déroule chez nous, à savoir la Fête de la Pêche à la Mouche organisée par le club mouche de Charleroi. Pourquoi ?
    G.D. : De 1995 à 2005, j’y participais très volontiers. C’était même très intéressant.
    Mais quand tu fais le calcul de ce qu’il te reste après le salon, le bénéfice ?…
    D’autres marques sont arrivées, début des années 2000, avec comme seul objectif « vendre pour vendre ».
    Tu n’as pas le temps de répondre aux questions que déjà un autre client se présente.
    La conquête de l’argent était née.
    De mon côté, en 2004, j’ouvre ma boutique à Ornans, « Au Chalet du Pêcheur », jusque fin 2009.

    J’y étais pour la saison d’avril à septembre. On m’appelait « Guy Le Belge ».
    J’ai été accueilli par une famille de Cademène. Ces gens et leurs amis m’ont apporté du réconfort tantôt quand il pleuvait, mais également pour mon installation professionnelle. C’est là-bas que j’ai vraiment appris les méthodes de gestions d’un parcours. Mais aussi la pêche, car avec ces gens-là, on ne plaisante pas. La pêche c’est un travail.
    Le Chalet était ouvert de 08heures à 12heures, et l’après-midi, c’était pêche, 7 jours/7.

    Anne (mon épouse) tenait le magasin et préparait les commandes en Belgique.
    Avec une épouse et un fils, nous partagions une seule volonté, vivre de ce métier, de cette passion.
    J’ai dû faire un choix entre l’argent des salons, ou l’argent au bord de l’eau.
    Mon rêve serait de retrouver des marques, où chaque détaillant à la fonction de faire le show, comme je l’ai fait cette année par des petites vidéos de présentations.
    Un autre espace pour des conférences, un podium pour nos compétiteurs, des films, un podium de montages mouches.
    Enfin un espace où les partages se font avec des rires et non avec une carte de crédit.
    J’y retournerai l’année prochaine mais avec notre association « La Treignoise » pour de nouvelles aventures.

    L. P. B. : Tu t’es lancé relativement tard dans le triathlon et ce de manière assez intense, au point de te métamorphoser physiquement de manière assez spectaculaire Pourrais-tu nous en dire plus à ce sujet ? Cela t’a-t-il aidé dans ton activité principale et cela t’a-t-il permis de porter un autre regard sur la pêche ?

    G.D. : Durant les années 97 jusqu’en 2003, je sponsorisais des compétiteurs pêcheurs à la mouche représentant mon enseigne dans des compétitions nationales et internationales. De très bons moment que j’ai partagé avant de me décider d’ouvrir un point de vente à Ornans.
    La pollution de la rivière mythique fut un tournant dans ma carrière d’aventurier.
    Au retour de mes années passées sur la Loue, une forme de désespoir est née, un peu un ras-le-bol. Je retrouvais de 2010 à 2013, un autre métier dans la logistique, mais plus la pêche à la mouche.

    C’est le sport qui m’a rendu un renouveau, par l’effort en solitaire, être un « Ironman ». J’y intègre une équipe semi-professionnelle, et remporte quelques médailles, dont une d’or, et une de bronze au niveau mondial.
    5 années d’efforts physiques afin de reconstruire une volonté de fer.
    C’est à ce moment-là que j’ai repris la pêche en travaillant les émotions.
    Je ne cherchais pas au travers de la pêche de prendre des quantités de poissons, mais plus savoir poser la mouche là, exactement là où le poisson allait venir.
    L’observation du milieu, les retournes, les bordures, les fins de courants.
    J’intègre en cette année 2011, le rôle de secrétaire au sein de l’association
    « La Treignoise ».

    L. P. B. : Tu me dis souvent que la pêche ne se vend pas suffisamment bien auprès du grand public. Pourrais-tu développer ces propos ?

    G.D. : Oui… Combien de vélos y-a-t-il en Wallonie, et combien de pêcheurs ?

    485000 vélos en avril 2018.

    Pourtant un vélo, c’est un peu les mêmes prix qu’un équipent de pêche !

    Professionnaliser les fédérations avec des gens investis non plus comme des bénévoles, mais représentant des métiers, des animateurs pouvant apporter leurs expériences et développer une communauté. Cette idée m’est venue des cercles d’étudiants, des organisations de jeunesse, et des clubs sportifs.

    Et au pluriel cela donnerait du travail à beaucoup de gens.

    Passant par la protection de l’environnement, les hébergements typiques, le guidage, et le commerce de détail. Regarde les clubs de sports (en générale), de plus en plus de buvette/restaurant, même à Erpion. Ou le président du club de foot, aussi l’animateur du club, et le détaillant en articles de sport.

    Ce mode de développement éco-responsable rentre dans l’aire du temps !

    L. P. B. : Tu es fortement impliqué dans la gestion d’une société de pêche établie sur le Viroin à Treignes et où la pêche se pratique exclusivement à la mouche. Quels sont les principaux problèmes auxquelles cette société est confrontée ?
    G.D. : Même si sur notre logo l’inscription « Club Mouche » y figue, je dois préciser que notre association n’est pas un club mouche, cela ne figure pas dans nos statuts d’asbl. Nous acceptons d’autres techniques qui ne rentrent pas en concurrence et protègent les espèces nobles.
    Comme tu sais, je suis sur le Viroin depuis 1995, à mes débuts.
    En plein mois d’août, on n’y pêchait en sèche.
    La nymphe n’était pas légende dans la pratique de la pêche à la mouche.
    Les étiages étaient existants, mais il y avait assez d’eau, même en septembre.
    Par la suite… Attention danger.
    Je viens de recevoir le résultat d’études statistiques sur la vie des insectes aquatiques, dans notre secteur. Bien sûr, je ne suis pas scientifique.
    50% des mouches de mai ont disparues, de moins en moins de sedges, pas de March Brown, il reste encore des éphémères de fin de saison qui résistent à la pollution.
    Je sais, beaucoup de pêcheurs vont penser Cormoran, débit et puissance de l’eau.

    Il existe des solutions que nous mettons en place chaque année, pour retrouver le Viroin d’antan. Nous sommes en eaux mixtes et non en eaux vives, l’approche de gestion est donc totalement différente. L’écologie protectionniste c’est un peu le communisme vert. Cela ne fait pas bon ménage avec l’écologie économique.
    En revanche, les fédérations peuvent proposer aux pouvoirs publics une gestion plus fédérateure avec des objectifs locaux, éco-responsable, permettant de développer des activités le long des berges, comme par exemple entretenir les berges avec des chèvres, on le fait bien le long des routes ?

    L. P. B. : Une seule société de pêche demain sur tout le Viroin plutôt que cinq sociétés comme aujourd’hui : est-ce souhaitable ? Est-ce envisageable ?

    G.D. : Oui, ce serait le paradis sur terre. Un seul permis ! Chouette.

    Mais, il y a un « mais ».

    Viroinval ne veut pas de tourisme pêche, préférant le tourisme bucolique des VTT et autres promeneurs.

    Notre fédération pourrait envisager une proposition de droit de pêche unique si elle en est l’unique locataire.

    L. P. B. : la société de pêche la Treignoise est favorable aux repeuplements directs en truites Arc-en-ciel. Pourquoi ?

    G.D. : Nous y voilà ! Entre la gestion des années 70 et la gestion des années 2000.

    Oui, il faut des AEC, mais pas trop. Oui il faut des farios, mais pas n’importe lesquelles !

    Pourquoi des AEC en eaux mixtes ?

    Car ces poissons, par leur comportement, propose au débutant une première expérience positive de la pêche en générale. Mais il faut un équilibre en tout. Ce poisson ne reste pas dans la rivière. 80% d’un déversement disparait au bout de 3 semaines. Ne sachant pas se nourrir naturellement, il n’est pas un danger pour les autres espèces communes de nos eaux. De temps en temps je tue une AEC pour voir ce qu’il y a dans son estomac. Même pas un vairon, pas un chabot…

    En revanche, vouloir réimplanter une souche fario dans des eaux mixtes, c’est un autre débat.

    Ces bénévoles font un travail remarquable, mais ils oublient deux points.

    Le changement climatique et le changement du milieu aquatique.

    Je vais te mettre au milieu du ring de Bruxelles, que feras-tu ? Tu t’en vas, et bien c’est pareil pour la truite de souche, elle remonte et ne reste pas en place.

    Notre association propose des ateliers et c’est une première autour de thèmes comme la pêche, l’environnement, où l’aquaculture.

    Nous serons présents à Libramont en novembre de cette année et au salon de Charleroi en 2021.

    L. P. B. : Aurais-tu un message particulier à adresser à nos lecteurs ?

    G.D. : La pêche c’est avant tout le partage.

    L’éducation ancestrale qui nous lie entre la nature et notre activité au quotidien.

    Un permis de pêche ne veut rien dire.

    Tu suis des cours pour un permis de chasse, un permis de conduire, un permis pour naviguer.

    La pêche c’est un droit, avec une éducation correspondant aux différentes techniques.

    Plus d’école, plus d’initiation.

    J’en profite pour remercier nos animateurs qui font de notre association un exemple pour les autres.

    Ce sont eux qui au bord de l’eau apportent des conseils, veillent à la récupération des déchets, et se proposent à des tâches de gestion du quotidien.

    Les guéguerres de clochers sont maintenant dépassées.

    « Nous ne sommes pas à 300 m prêt me dit la Fédération. »

    Enfin le poisson c’est du consommable alors arrêtons d’interdire n’importe comment.

    Faisons preuve de bonnes gestions et allons à la pêche…

  • L’histoire passionnante d’un pêcheur à la mouche: Christian Bazan.

    Bonjour Christian (G.D.), pourrais-tu nous décrire ton C.V. (ton parcours) en tant que pêcheur à la mouche?

    C.B.: J’ai commencé à pêcher à la mouche en 2000 à l’âge de 10 ans sur le haut Bocq principalement, et à l’occasion, sur nos différents lacs Wallons. Comme beaucoup de débutants, mes seules sources d’informations étaient de vieux livres et quelques conseils qui m’avaient été prodigués pas d’anciens pêcheurs à la mouche. Comme pour beaucoup de pêcheurs, le début est toujours le plus difficile. En  2002 j’ai rencontré Vincent et Jimmy, 2 compétiteurs de l’époque qui habitaient à quelques kilomètres de chez moi. Grâce au temps passé ensemble au bord de l’eau, j’ai remporté la première compétition junior à laquelle j’ai participé. A 13 ans, être champion de Belgique junior réservoir, ça motive évidement…. De là, mon parcours en compétition à démarré.

    (G.D.)Voici un parcours de passionné, tu t’es forgé un nom dans le monde de la pêche à la mouche au niveau international. Pourrais-tu nous en dire plus de ce sport?

    C.B.: L’international est vraiment ce qui m’a plu dans la compétition. Que ce soit lors de championnats du monde ou de compétitions amicales, c’est là que vous apprenez à comprendre rapidement la pêche et à vous y adapter. Chaque pays ou même chaque région demande à un pêcheur de savoir s’accommoder au comportement des poissons et bien souvent de pêcher d’une manière qu’il n’aurait jamais imaginé. C’est en participant et en rencontrant de bons pêcheurs locaux que vous apprenez cela . C’est pour ma part en 2006 que j’ai découvert cela, lors de mon premier voyage en Angleterre. Par la suite, je n’ai plus arrêté de voyager. Je pars depuis 15 ans, entre 5 et 10 fois par ans. Après 5 Championnats du monde : Italie, Slovénie, Norvège, Tchéquie et Slovaquie, j’ai décidé de faire une pause avec les championnats de Belgique et du Monde. Je n’ai pas arrêté complètement la compétition ni les voyages mais je choisis plus librement les compétitions et les destinations. Depuis 4 ans, Tony Perin, Albert Bigaré et moi-même, formons une équipe avec laquelle nous faisons de bons résultats et passons de bons moments au bord de l’eau.

    Je n’exclus pas un jour de me ré-impliquer davantage dans les compétitions, mais actuellement ce n’est pas ma priorité.

    (G.D.)La technique, les sorties, sont les bases d’un Maître de pêche. Quelles sont selon toi les autres qualités requises pour être un bon pêcheur à la mouche ?

    C.B.: Il y en a une multitude. Elles peuvent différer en fonction de la personnalité du pêcheur. Mais certaines comme la curiosité, la persévérance et le minimalisme et être méthodique sont importantes selon moi

    –          La curiosité amène le pêcheur à essayer d’autres manières de pêcher ou d’autres endroits. Je vois énormément de « champions de leur village » ,qui une fois sorti de celui-ci, ont perdu tous leurs repères et se retrouvent totalement perdus. L’intérêt de la pêche n’est pour moi pas de continuer de pêcher là où l’on sait où se trouvent les poissons et de pêcher avec les mouches qu’on sait qui fonctionnent. Pour simplement pouvoir dire: j’ai pris autant de poissons. Essayer de pêcher différemment de la manière dont tout le monde pêchent est beaucoup plus enrichissant que d’avoir des sorties répétitives . Aller voir si d’autres secteurs de pêches sont poissonneux ou non, comprendre si une zone n’est pas régulière, le pourquoi elle ne vous donne pas les résultats espérés vous enrichira beaucoup.

    –          La persévérance fait qu’un pêcheur doit rester attentif et motivé dans sa pêche. Que ce soit lors de l’entrainement ou en compétition lorsqu’il faut parfois qu’une touche pour gagner sa manche.

    –           Le minimalisme. Rien ne sert de se charger outre mesure de matériel ou de mouche. Plus vous pêcherez, plus vous sélectionnerez pour ne garder que le nécessaire. Mieux vaut par exemple une boite de  500 mouches avec 250 oreilles de lièvres et 250 faisantails montés en différentes tailles et poids toutes par 10 qu’une boite avec 50 modèles tous montés dans les mêmes tailles et poids par 10 par exemplaires.

    –          Être méthodique, doit permettre au pêcheur de ne pas confondre vitesse et précipitation dans l’eau. Beaucoup trop de pêcheurs ne prennent pas le temps de faire les choses les unes après les autres dans un ordre logique. Le comportement d’un poisson change au cours d’une journée. Les résultats viennent en pêchant, simplement et proprement, les bons postes au bon moment. Bien évidemment cela demande une connaissance du milieu abordé et un grand calme. Ce qui différencie plusieurs bons pêcheurs lors des grandes finales, c’est la façon dont ils organisent leur plan de pêche.

    Avec du recul, je pense qu’un bon pêcheur ne se fait pas seul. Certes il doit avoir de nombreuses qualités mais il dépend beaucoup de l’influence que les autres auront eu sur lui. Pour ma part, c’est Tony Perin, qui m’a le plus apporté. Il devient difficile de compter les compétitions et les voyages faits ensemble, mais tous ont été très enrichissants tant son analyse de la pêche est intéressante.

    (G.D.)Quelles sont selon toi les erreurs les plus souvent commises par les débutants ?

    C.B.: Beaucoup de pêcheurs et pas que des débutants, ont tendance à pêcher sans regarder ce qui se passe autour d’eux. Depuis que « tout le monde »  pêche en nymphe, les pêcheurs ont pris l’habitude de ne regarder plus loin que l’indicateur et ne savent plus pêcher qu’en nymphe et de manière systématique. Or, pour avoir sa touche il faut d’abord regarder où il est intéressant de lancer sa nymphe. Pire,beaucoup de nouveaux pêcheurs sont incapables de pêcher en sèche ou en noyée et pensent que ces techniques sont devenues obsolètes. Il me semble inconcevable de commencer à apprendre à pêcher à la mouche sans apprendre à pêcher en lançant. C’est pourtant de plus en plus le cas malheureusement.

    (G.D.)Si tu avais 5 mouches à emporter avec toi lors d’une sortie, quels seraient ces mouches ? En rivière et en réservoir ?

    C.B.:

    -En rivière je prendrais sans hésiter : 2 nymphes, une faisantail et une oreille de lièvre montées dans différentes tailles et poids, 2 sèches, 1 jacksedge et une oreille de lièvre avec 2 ailles en cdc. Pour terminer, une noyée du genre une black pennel. Cette sélection demande de savoir sortir les modèles de l’utilisation qu’on leur connait initialement. Un jack sedge peut faire une super sauteuse en noyée et l’oreille de lièvre une bonne noyée de pointe. La black pennel au milieu et vous avez un bon train de noyées.

    En Réservoir : un sparkler, un spermato, un jack sedge, une diwelback tête orange et un bobby noir. Le sparkler aussi bien des arcs, des farios et ce, partout où j’ai été. Le spermato est certainement le streamer le plus polyvalent. Le jack sedge est une super sèche qui peut aussi se pêcher sous l’eau comme une nymphe ou noyée. La diwelback tête orange et probablement le modèle de diwelback le plus polyvalent. Le bobby noir peut lui se pêcher comme un bobby normal, en washing line pour maintenir vos nymphes ou simplement se stripper dans les vagues quand les poissons sont actifs en surface.

    (G.D.)Quelles sont tes destinations préférées ? En Belgique et à l’étranger ?

    C.B.:

    – Je dois avouer que ces 3 dernières années j’ai moins pêcher en Belgique mais mon choix se fait vers le lac de la plate taille. C’est l’endroit où vous pouvez prendre les plus gros poissons de Belgique. La pêche y est certes pas évidente de par la clarté de l’eau et l’étendue. Mais c’est l’endroit où à chaque lancé vous pouvez espérer une truite du mètre ou plus. Etant une retenue d’eau, vous pouvez pêcher le lac durant toute sa période d’ouverture ,dans de bonnes conditions, des poissons en pleine forme, sans vous soucier des pénuries d’eau que nous connaissons maintenait en période estivale.

    – À l’étranger, c’est plus compliqué mais je pense, le Pays de Galle, pour une question pratique. Organiser un voyage est toujours compliqué surtout en rivière car on ne connait jamais les  conditions qu’on aura (crues, sécheresses,…). Le Pays de Galle réunit sur un petit territoire de super rivières à truites, ombres, truites de mer et saumons. Des lacs à truites arc en ciel, des lacs de montagne, des lacs connectés à la mer avec des remontées de saumon et truites de mer. Le long de la côte il y a des bars, des Caillauds, des truites de mer,…  Vous pouvez ainsi, en fonction de la météo ou de l’humeur du poisson, facilement changer vos plans de pêche pour optimiser la qualité du voyage.

    (G.D.)Quelle image ont les moucheurs sur ces compétiteurs ?

    C.B.: Je pense qu’ils sont mieux vu que par le passé. Les pêcheurs craignaient un peu les compétiteurs. Ne les connaissant pas,ils imaginaient que ceux-ci prenaient leurs poissons et ne  leur laissaient rien pour leur sortie dominicale. Je pense que la presse Halieutique et les réseaux sociaux ont eu un côté fédérateur et ont apportés plus de proximité entre tous les pêcheurs. A l’heure actuelle, les compétiteurs, s’ils sont suffisamment humble et respectueux des milieux naturels,sont même très bien vu.

    (G.D.)Un tout grand merci Christian.

  • Initiation à la pêche à la mouche.

    Cet article est destiné aux débutants afin de leur apporter les informations théoriques sur la pêche à la mouche, en rivière, en réservoir, en mer, ou au saumon. Une approche simple avant de commencer cette aventure.

    Dans cet article, je ne préciserai donc pas les techniques pour chaque style de pêche à la mouche. Juste une présentation toute générale, afin que vous puissiez vous construire les rêves les plus fous.

    Ces pêches se pratiquent avec une canne dite le « fouet », une soie afin de propulser le ou les leurres, et d’un moulinet. A l’origine, cette pêche était basée sur l’observation du milieu. Consistant à pêcher avec un leurre nommé mouche de pêche, qui en sa création représente soit un insecte, soit une larve.

    Avec le temps, le changement climatique, et l’amélioration technique du matériel, elle se pratique toute l’année et d’une manière plus « sportive ». La discrétion est de rigueur. Dans tous les cas, vous veillerez à être accompagné d’un guide moniteur afin d’affiner et d’apprendre ce sport au naturel.

    L’éthique veut que la pratique de cette pêche, par son aspect physique sportif, et par l’état d’esprit particulier, soit la graciation (le no-kill), même si les prises dépassent la taille légale de capture. C’est une nouvelle approche qui est séduisante. Plus proche de l’aventure et du milieu, le moucheur profite de sa pêche. Et oublie complètement l’aspect alimentaire.

    Cette pêche est devenue démocratique, mais sa technicité demande beaucoup de pratique pour être maîtrisée. Les mots utilisés sont souvent d’origine anglaise, et n’ont pas été traduit avec le temps. Elle est de plus en plus pratiquée sous le style contemplatif, afin d’éviter de montrer son niveau social, pour se resourcer au calme, sans artifices, en fusion avec le milieu.

    La pêche à la mouche en rivière.

    Nous distinguons différentes techniques, en fonction du milieu (des saisons), de sa largeur et de sa profondeur:

    La pêche en noyée ;

    Elle se révèle efficace souvent en début de saison, du bord, et dans certains cas dans la rivière, mais attention, sécurité d’abord. Souvent pratiquée avec une canne longue de type 10 pieds, voire plus. D’une soie pointe plongeante, mais pas toujours. Un train de 3 mouches, ou pour les streamers, 2 mouches.

    C’est une pêche dite avale. Les mouches étant animées lors de la dérive pour déclencher l’attaque.
    Avec l’évolution du matériel, il a été mis au point la technique du SpeyTrout, consistant à créer une forme de « D » entre la canne et la soie, permettant de lancer dans les endroits à obstacles.

    Les pêches en nymphes ;

    La roulette ; dite pêche sous la canne ou presque, type Tchèque. Afin de prospecter le fond de la rivière. Avec une nymphe de fonds lourdes, et une autre plus légère en potence. L’indicateur de touches est souvent utilisé.

    Le tandem ; avec comme témoin une mouche sèche, servant d’indicateur ou bien pouvant jouer de tyser (excitant), et à +/- 80 cm une nymphe soit de fonds, ou plus légère dans les herbiers.

    Au fils ;

    a)       Fils posé sur la surface de l’eau, en graissant le fils pour indicateur de touches. Même technique que la pêche en sèche.

    b)      Fils dit à l’Espagnole, de plus longs lancers et la position haute de la canne. Exige un matériel adapté.

    Nymphe à vue ; technique permettant de présenter une nymphe légère au regard du poisson afin que celui-ci puisse la saisir.

    La pêche en sèche ;

    Se pratique toute la saison, à condition d’être passionné et de connaître son parcours de pêche ou le milieu. Très exigeante dans le choix du matériel. Ainsi que le positionnement sur la surface de l’eau. Elle se pratique avec une canne plus souple que les autres techniques. Sa longueur varie selon les rivières, ou le plaisir du toucher. Certains addictes préfèrent une soie naturelle pour sa souplesse et sa discrétion.

    Diverses techniques ;

    Des techniques hybrides permettant pour certains afficionados de personnaliser les aventures.

    La technique dite de l’arbalète, permet de « lancer » sans fouetter la mouche ou la nymphe vers la cible.

    Aussi le Tenkara se pratiquant sans moulinet (origine du Japon), ou dans certaines régions avec un cadre contenant du fils de nylon.

    A ne pas oublier la technique « Roncari »

    C’est une technique nymphe au fils revisitée par Marcel Roncari, aussi fine et intéressante que la sèche, basée sur un posé de la soie sur la surface de l’eau, avec des nymphes légères. Sans indicateur et à distance, en détectant les touches avec la pointe de la soie.

    La technique de la « TLT » ;

    La « TLT » (ou la SIM), est la Technique du Lancer Total, voulant dire contrôler l’ensemble canne/soie/bas de ligne/mouche. Mise au point par Roberto Pragliola. Son but étant principalement la pêche en sèche, afin de combattre et retarder le dragage en exploitant au maximum les posés. Attention, il vous faudra du matériel adapté.

    La pêche à la mouche en réservoir.

    Du bord ;

    Se pratique depuis la berge, avec différentes cannes et des soies de différentes densités. Ici, la recherche du poisson est basée, comme en rivière, dans les différentes couches d’eaux. Le lancer est appelé « double traction », permettant de propulser les leurres le plus loin possible. Souvent en nombre de 3 voire 2 mouches.

    En bateau :

    Se pratique en barque, naviguant souvent le vent dans le dos. Accompagné d’un guide ou d’un partenaire expérimenté, surtout dans les grands réservoirs ou lacs, cette pêche demande de la recherche au niveau de la localisation du poisson et de sa profondeur.

    En Float-tube :

    Un peu comme en barque, au niveau des techniques de pêche, mais vous avez plus de liberté de navigation et de lieux. Pouvant même se pratiquer sur certains fleuves, ou grandes rivières.

    La pêche à la mouche en mer.

    Du bord, en bateau, en kayak, en Float-tube, dans les mers chaudes ou les mers froides, voici le tableau d’aventures halieutiques que vous pourriez exploiter. En fait, tout ou presque tout peut se pêcher en mer, surtout à la mouche, et les sensations de combats sont décuplées par l’étendue d’eau. Le matériel devra être adapté et résistant à l’eau de mer. Certaines soies sont adaptées spécialement pour les tropiques ou les gros poissons. Les cannes sont souvent d’une longueur de 9 pieds, soit +/- 2.7m, pour une puissance de 8 jusqu’à 14 (pour certains prédateurs).

    Mais je reste généraliste, en vous invitant à parcourir toutes ces étapes afin de préparer au mieux vos choix d’aventures en eaux salées.

    Souvent le bars est privilégié, car cette pêche est relativement proche de chez nous et estivale. Canne puissante et une seule mouche, accompagné d’un guide, et la connaissance des marées sont les clés des débutants.

    Des destinations de rêve, où tout est organisé pour une semaine de pêche dans les eaux chaudes des tropiques.

    Bien sûr, certaines espèces en Europe peuvent être pêcher du bord de mer, comme la truite de mer. Nécessitant un matériel un peu comme le réservoir, mais attention de bien rincer ce matériel après chaque sortie, afin d’éviter la corrosion.

    Ces aventuriers de la mer, même si sur la photo ce n’est pas à la mouche, il est possible de naviguer le long des côtes afin de poursuivre et de capturer certaines espèces. Mais attention aux dangers, marées, courants et prises de risques peuvent vous entraîner à des mésaventures importantes. Soyez toujours accompagné d’un guide connaissant bien le milieu.

    La pêche à la mouche des saumons.

    J’écris des saumons, car il existe différentes espèces, donc pour certains pêcheurs vous êtes pêcheur soit du saumon d’Atlantique, soit du Pacifique (pour rester dans le général). Cette pêche se pratique du bord, ou dans l’eau, avec/ou sans barque, dans les rivières ou les lacs. Tout est possible.

    Avec une canne de 10 pieds, c’est possible de capturer son premier saumon, mais pour entrer dans cette famille, de plus longues cannes sont nécessaire. De 11 à 16 pieds, la puissance variant de 8 à 14. Je précise ici que les lancers sont le SpeyCast. Nécessitant quelques heures d’entrainements.

    Après avoir rencontré un guide (moniteur), vous vous informerez des marées, et des heures légales de pêche. Il est certain que ce poisson migrateur peut vous échapper, mais soyez sans crainte, la prochaine fois sera la bonne. Cette maladie se nomme « la saumonite ». Encore et encore, vous parcourrez les documents historiques, les histoires des ces fameux pêcheurs, un peu nos pionniers du Far West, avec leur barbe de plusieurs jours, sentant la fumée du camp de base, et vous expliquant qu’ils viennent de casser sur un 50Lb.  En pleine nature sauvage, vous êtes concentré sur votre dérive, à peine minuit moins le quart, voilà, 8 bonnes heures que vous pataugez dans cette rivière, précisant que votre volonté aiguisée n’a d’égale que votre portefeuille.

    Voici donc, les différentes informations théoriques sur les pêches à la mouche. Certes, vous serez passionné de rencontrer un détaillant spécialisé en article de pêche à la mouche. Laissez vous guider par ses conseils, laissez-vous emporter par ses histoires…

    emporter par ses histoires…

    Alors à bientôt au bord de l’eau !

    Info : www.debefly.com

    Auteur Guy Debeuf

    Photos libres de droit

  • Pêcher dans un lac – La Perche

    Rédactionnel issu du magasin FFE 2019 – traduit de l’anglais

    Composé par Guy Debeuf

    Morten Valeur, pêcheur à la mouche et monteur de mouches danois, adore pêcher la perche, surtout sur les grands lacs. où il a passé d’innombrables heures à affiner ses mouches, ses stratégies et ses techniques. Dans ce qui suit, Morten vous présentera un tutoriel pour sa dernière super mouche, la Flash Tail Beast. Des conseils sur la façon de le pêcher.

    La plupart des pêcheurs ont, à un moment ou à un autre, passé du temps à la pêche de la perche. Ce poisson prédateur lunatique, qui est réparti dans toute l’Europe, est l’un des préférés des enfants – et, pour certains, ils deviennent une obsession pour la vie.

    Morten Valeur a passé plus de trente ans à pêcher la perche à la mouche. En cours des années, il a développé des stratégies spécialisées et des mouches, en ciblant des pêches de surface ou dans des endroits peu profonds.

    Au début, ça peut sembler un peu intimidant de s’aventurer sur un grand lac avec une canne à mouche. Ce n’est pas précisément dangereux, mais le lac pourrait vous sembler énorme, lorsque vous êtes assis dans un petit bateau, ou en float-tube, lançant votre mouche à une quinzaine de mètre.

    Cependant gardez à l’esprit que c’est le même sentiment que beaucoup de pêcheurs de truite de mer ont, étant submergés par le développement et le perfectionnement des techniques de pêche à la mouche, dit Morten Valeur.

    Il n’a plus l’impression d’être dépassé comme s’il avait été il y a 30 ans, quand il a commencé à pêcher la perche à la mouche.

    – J’ai découvert la pêche à la mouche de la perche plutôt par coïncidence lors de voyages en Laponie suédoise en plein milieu des années 1980, et à partir de ce moment, j’ai commencé à cibler la perche dans mes eaux de la maison.

    Le grand avantage de la perche est sa disponibilité. Et même si les pêches sont éloignées les uns des autres, afin de trouver des poissons trophées, il y a toujours de la perche.  Personnellement, je pêche beaucoup sur le lac Fussing et Glenstrup, qui sont les lacs les plus proches avec une belle densité de perches où j’habite au Danemark, explique Morten.

    Morten Valeur reconnaît que la pêche au spinning est habituellement une technique beaucoup plus efficace dans les grands lacs. Mais cela ne veut pas dire qu’un pêcheur à la mouche ne peut pas avoir sa partie de plaisir et de succès. Il s’agit simplement de trouver la bonne approche.

    –          D’abord et avant tout, rappelez-vous que cette perche dorée,  chasse principalement quand la pression atmosphérique est haute. Vérifiez régulièrement les prévisions météorologiques et concentrer vous sur les périodes où les conditions météorologiques sont stables, et la pression atmosphérique ne baisse pas. Les pissons carnivores chasseront férocement quand ils sentiront que le temps vient à devenir mauvais. C’est comme s’ils savaient instinctivement qu’ils doivent se remplir le ventre tant qu’il est encore temps.

    Quand le mauvais temps est enfin arrivé, la perche peut être presque impossible à trouver, dit Morten et continue : – lorsque les poissons ne se nourrissent pas activement, il devient impératif de les localiser efficacement. Soit un échosondeur, ou bien une carte marine à utiliser sur les lacs locaux. Le mieux étant de vous guider avec un échosondeur.

    La perche suit les poissons fourrages (ou poissons blancs). Ces poissons suivent le mouvement du plancton, et le plancton se déplace en fonction des conditions de la lumière. Même s’il est parfois possible de trouver des perches à la surface, je commence par expérience, par chercher dans les parties les plus profondes des lacs.

    Je cible habituellement les tombants, où je peux pêcher à la mouche efficacement jusqu’à une profondeur d’environ cinq à six mètres. Les perches sont connues pour vivre en bancs et, par conséquent, la meilleure technique consiste à recouvrir rapidement l’eau jusqu’à ce que je localise les poissons. Une fois que le poisson est localisé, je reste un moment en place. Si j’ai une touche, il y en a certainement d’autres.

    Pêcher à la mouche mais sans lancer une mouche

    Au fil des ans, Morten Valeur a affiné sa stratégie de pêche, et il utilise maintenant une méthode spéciale pour sonder les tombants. – Si je pêche à partir d’un bateau, le commence habituellement par pêcher un peu à la traîne dans l’espoir de trouver un banc de poissons. Si je suis en float-tube j’aime pêcher les tombants à un rythme relativement rapide.

    Je ne lance la mouche qu’une seule fois, quand je pêche en float-tube. Je la laisse ensuite couler à la profondeur désirée, et quand je récupère la mouche, je m’arrête une fois que la tête du shooting line apparait à la surface de l’eau. Je palme ensuite plus loin sur le tombant, en faisant suivre la soie dans l’eau. Par la suite, je ramène la soie vers moi, puis je recommence à récupérer. Cette méthode est loin d’être la plus répandue, mais elle est efficace, même si – à un moment ou à un autre – vous avez envie de lancer cette mouche, pour avoir la sensation du lancer mouche. C’est-à-dire, bien sûr, sauf si une perche n’interrompt pas soudainement la monotonie, sourit Morten.

    L’idée vient d’un voyage de pêche au lieu jaune en Norvège. Là-bas, il était crucial de pêcher en profondeur et de vraiment garder la mouche dans l’eau. Pour la pêche de la perche, j’utilise cette technique efficace à l’aide d’une soie de 6 sinking, et je récupère la mouche rapidement, avant de la laisser couler à nouveau. Ma mouche Flash Tail Beast est conçue avec un bruiteur en plastique qui ajoute un peu de poids et équilibre la mouche, mais pour vraiment la faire vivre, la mouche a besoin d’une bonne animation. La perche est très énergique et désireuse de chasser, mais souvent, vous risquez de perdre leur intérêt et leur attention, si la mouche se déplace trop lentement, dit Morten.

    Développement et conception de ma mouche

    Morten Valeur a passé d’innombrables heures à son étau de montage, et sa mouche pour la perche, est la Flash Tail Beast, et toujours en cours de développement. Morten reconnait que la perche est très opportuniste et loin d’être difficile. Mais ça ne veut pas dire ce qui signifie qu’il ne faut pas optimiser ses mouches et se pencher sur les caractéristiques d’amélioration du montage.

    En eau profonde, je ne pêche essentiellement qu’avec deux mouches différentes, et ce sont toutes deux des variantes de la Flash Tail Beast. L’une d’elle est couleur argent et chartreuse, et l’autre purement chartreuse que j’utilise surtout quand il fait un peu nuageux – ou quand je pêche au crépuscule. La Flash Tail Beast est fondamentalement une fusion entre une mouche à brochet en flash et une autre mouche marabout, la Krapyl De Luxe. J’y ai rajouté ensuite quelques éléments modernes tels que le bruiteur, et un tube Mylar, ce qui apporte un peu plus de volume que les modèles précédents. J’ai été fortement inspiré par l’ingénieux monteur américain, Gunnar Brammer, dont je recommanderais à n’importe qui d’autre de réaliser ces modèles de mouches exemplaires. Vérifiez par vous-même.

    Les perches ne sont pas difficiles, et elles n’ont certainement pas peur de s’enfuir quand elles voient une grosse proie. Cela signifie que les mouches utilisées pour la perche peuvent avoir beaucoup de volume. – J’ai l’impression que beaucoup de pêcheurs à la mouche choisissent des mouches relativement petites, quand ils pêchent la perche à la mouche. Ma recommandation, cependant, serait de ne jamais utiliser des mouches de moins de 10 centimètres de long.  Si vous êtes à la recherche d’une perche adulte, je vous suggérerais d’utiliser des mouches d’une longueur de 12 à 17 centimètres. Le modèle utilisé doit être robuste et facile à couler.

    Même si je pêche avec mes mouches en profondeur, je n’utilise jamais d’anti-herbes sur mes hameçons. Je soupçonne que les anti-herbes, entraînent des décrochages. Il y a beaucoup d’autres caractéristiques et détails dans ma Flash Tail Beast. Et je suis sûr qu’on pourrait la simplifier encore plus, et attraper encore plus de perches, dit Morten avec un grand sourire derrière son étau de montage.

    Matériel pour la perche

    Manipuler des mouches de la taille de la Flash Tail Beast, exige un équipement à la mouche assez solide, et Morten a quelques recommandations importantes quand il s’agit de choisir le matériel idéal. Surtout s’il l’on tient compte du fait que les prises d’autres espèces accessoirement mais importantes, font souvent partie du jeu.

    Aujourd’hui, j’utilise principalement une soie de 6 pour la pêche à la mouche de la perche. Cela est dû en partie aux grandes mouches que j’utilise, mais aussi au fait qu’il n’est pas inhabituel d’attraper des brochets de décente pendant une séance de pêche. En fait, j’ai attrapé certains de mes plus gros brochets en ciblant la perche. Une fois, j’ai attrapé un brochet de 11 kilos avec une canne de 5. J’ai réussi à capturer le poisson, mais ce n’était pas une bonne expérience pour nous deux.

    –          Ma soie est le modèle Sonar Full sinking #6 de Scientific Anglers. Ce qui permet de bien garder la mouche au fonds. Pour la queue de rat, j’utilise toujours de chez Scientific Anglers, les queues de rat fluorocarbone avec choc tippet.

    –          La point en fluorocarbone, terminez par un nœud loop. Un polyleader full sinking peut aussi remplacer la queue de rat, pour une meilleure animation, dit Morten en fixant un hameçon dans les mâchoires de son étau.

  • LES TRICHOPTERES

    Texte et photos : Christophe Noharet – Extrait du livre « Confessions d’un pêcheur à la mouche »

    Il en existe en France plus de trois-cent-cinquante espèces, ce qui en fait l’insecte le plus représenté dans nos rivières. Que ce soit sous la forme larvaire, nymphale ou imaginale, on en rencontre de toutes tailles (de moins de cinq millimètres à plus de vingt millimètres) et de toutes couleurs (noirs, roux, bruns, jaunes, gris).

    Il en existe deux grandes catégories qui se distinguent par leur mode de vie au stade larvaire : les éruciformes construisent un fourreau protecteur et vivent en bordure, accrochés à un support (pierre, racines, etc.), alors que les campo-déiformes n’en construisent pas et se réfugient sous les pierres. Le cycle complet (de l’œuf à la mort de l’imago) se déroule sur un an. Au terme de onze mois de développement la larve éruciforme scelle son fourreau tandis que sa cousine germaine campo-déiforme construit un abri semblable à un cocon.

    En fait elles s’isolent pour connaître une nouvelle métamorphose, la dernière de leur vie aquatique. Les larves deviennent pupes, et au terme de quelques semaines elles s’extraient de leurs cocons puis s’élancent à toute vitesse vers la surface. Excellentes nageuses, leurs mouvements génèrent des sillages à la surface de l’eau sur plusieurs dizaines de centimètres de long. Cette nage rapide et saccadée rend les truites folles ! Excédées par ce comportement provocateur, elles sautent parfois hors de l’eau pour les intercepter en pleine course… ces instants sont magiques.

    La plupart des espèces émergent le soir, mais il n’en demeure pas moins que certaines le font le matin et d’autres en milieu de journée. Les imagos éclosent soit dans l’eau soit sur un support émergé, cela dépend des mœurs de chaque espèce. Ils sont reconnaissables grâce à la position de leurs ailes, qui sont toujours repliées de chaque côté du corps en forme de toit. Ils peuvent vivre plusieurs jours voire quelques semaines. La journée, ils se réfugient dans la végétation rivulaire, et en fin d’après-midi ils virevoltent en nuages plus ou moins compacts. C’est en toute fin de soirée, à la tombée de la nuit, que les femelles déposent leurs œufs en tapotant leur abdomen à la surface de l’eau, ce qui déclenche alors de véritables orgies alimentaires chez Dame Fario.

    La multiplicité des espèces fait que l’on rencontre ces insectes tout au long de l’année et dans tous les milieux aquatiques. Ne nous leurrons pas ils sont à la base de l’alimentation de nos adversaires, j’ai d’ailleurs l’habitude de dire qu’ils sont à la truite ce que le pain est à l’homme.

    Dans ce contexte n’hésitez pas à en remplir vos boîtes !

    Site internet : https://confessions-palm.jimdo.com/

    Facebook : Christophe-Noharet-Confessions-dun-pêcheur-à-la-mouche

  • Guyane – A la poursuite du prédateur de la jungle « L’Arapaïma »

    Auteur : Kirk Deeter – Photos : Brian Grossenbacher

    L’arapaima est le poisson d’eau douce par excellence – un monstre ancien qui saute frénétiquement,

    Qui est aussi difficile à trouver qu’à attraper et à maîtriser. Suivez Kirk Deeter et son célèbre photographe, Brian Grossenbacher, à la poursuite de ce poisson prédateur légendaire.

    Les grimpeurs ont l’Everest. Les surfeurs ont des Mavericks. Et les pêcheurs à la mouche les arapaïmas.

    Certes, la plupart des pêcheurs à la mouche sont beaucoup plus âgés, plus corpulents, à la peau lisse que les moucheurs qui s’efforceraient d’avoir une âme d’aventurier en altitude dans les avions de ligne commerciaux, ou monter à bord d’un avion de tourisme. Un mur mortel dans les eaux tropicales à des vitesses qui font cligner des yeux et vider votre sang comme une morsure de requin blanc pendant que vous vibrez à bord….

    Mais nous rêvons encore, et nous nous inclinons devant nos propres moulins à vent. « Holy Grails. » Ce qui est cool, c’est que nos Graals sont toujours vivants, des créatures insaisissables…. et la seule récompense que la plupart d’entre nous vraiment est une simple chance d’entrer en contact avec eux pour un bref instant. Peut-être les toucher en passant, et en fin de compte les laisser repartir.

    Pour le pêcheur à la mouche, la quête commence le plus souvent avec une truite.

    Après avoir trouvé assez de réponses pour gagner un peu de confiance en soi, vous pourriez alors vous retrouver en train de patauger dans un flat tropical, à la recherche de bonefish… Ou debout dans une tempête de neige latérale, lancer des milliers de mouches, dans l’espoir de capturer un monstre de la taille d’une truite arc-en-ciel sauvage. Aussi bien vous pourriez décider que le permit capricieux se limite à l’effort qui en valait la peine. Vous pourriez tirer sur un tarpon préhistorique (et il n’en faut qu’un seul pour changer votre monde à jamais), ou un requin mako, ou un bar paon exotique et coloré.

    Ensuite, plus on devient « sophistiqué », plus on devient réaliste comme la vieille carpe « poisson poubelle » qui a nagé dans l’eau sale, tout au long de sa vie, et loin d’être stupide, alors tu essaies de trouver aussi comment l’attraper avec une mouche.

    Fais-moi confiance. C’est un travail coûteux, épuisant, toujours fascinant, parfois dangereux qui vous aspire et vous consume une partie de votre âme.

    Mais à la fin de l’odyssée, le dernier arrêt sur la route est où vous trouverez ce poisson unique l’Arapaïma.

    L’Arapaïma est le plus gros poisson d’eau douce (avec écailles) sur la planète. Il peut atteindre plus de 300 livres, et même plus, de plusieurs mètres de long. Originaire d’Amérique du Sud, il s’est autrefois épanoui dans tout le bassin versant de l’Amazone et d’autres fleuves tropicaux. Mais il avait aussi la malheureuse caractéristique d’être incroyablement savoureux, il a donc été pêché à des fins commerciales et consommé dans la plus grande partie de son aire de répartition naturelle.

    L’Arapaïma a donc été soutenu, cultivé et transplanté à l’échelle internationale, mais à part quelques habitats soigneusement entretenus et protégés où les arapaïmas ont été élevés et protégés, il y a peu d’endroits dans ce monde où des populations sauvages d’arapaïmas existent. Un coin tranquille et endémique du sud-ouest du minuscule pays sud-américain, en particulier la Guyane, le bassin versant de la rivière Rewa – est l’un de ces derniers endroits.

    Tout cela ne veut pas dire que les arapaïmas ne sont pas puissants. En effet, ils le sont. Accrochez un tarpon et il arrachera la ligne de votre moulinet suivi de ses sauts vers l’horizon. Accrochez un arapaima, d’un autre côté,  c’est encore plus fou, il est  apte à attaquer le bateau en giflant les plats-bords avec… sa queue, laissant le pêcheur tétanisé et brisé, essayant de comprendre ce qu’il faut faire.

    Les arapaïmas sont des prédateurs de la jungle. Mais ce ne sont pas des créatures carnivores et vicieuses. Leur bouche est constituée de mâchoires en os dur, destinés à aspirer et à écraser tout ce qui nage autour de leurs mâchoires.

    Les arapaïmas sont aussi extrêmement subtils en rapport à leur taille. Pour le pêcheur, le défi est double. Il faut d’abord les trouver. Bien qu’ils vivent dans des eaux sombres et stagnantes (généralement des étangs de jungle créés lorsque les rivières tropicales en furie se retirent de leurs rives), ils sont des gobeurs d’air. Soit vous verrez un peu de bulles dans l’étale de la surface, soit, souvent, vous n’entendrez qu’un  » gloop  » sourd qui se détache parmi les gémissements et les ronronnements constants des insectes, oiseaux et singes dans la canopée.

    Ou, si vous avez les yeux aiguisés et que vous avez de la chance, vous pourriez tout simplement apercevoir quelque chose… un reflet pourpre rosâtre, la seule écaille révélatrice le long du flanc camouflé et discret d’un arapaima, qui se faufile dans l’eau marron peu profonde. A ce stade, vous devez deviner s’il se dirige vers la gauche ou vers la droite.

    Et c’est là que ça devient vraiment difficile. Parce que vous avez l’habitude de la pêche dans des eaux relativement sereines – et parce que les arapaïmas ont dans les lignes latérales, des capteurs sensoriels les plus sensibles de tous les poissons du monde, qui peuvent détecter les vibrations à de grandes distances – avec des mouvements brusques et maladroits, le casting ne fonctionnera jamais. D’une façon ou d’une autre, vous devez comprendre  la façon de poser une mouche de plus de 10 centimètres de long d’une manière délicate (la plupart du temps, une mouche qui ressemble à un petit bar paon… la plupart des pêcheurs vont en Amérique du Sud pour pêcher le bar paon… quand l’arapaima pêche, vous lancez donc une mouche bar paon…) et lancez la plusieurs fois, en la déposant devant la cible, puis la faire paraître vivante, sans qu’elle ne coule de trop, puis refaire l’animation. C’est comme essayer de lancer un petit poulet avec une soie de 14, à 15 ou 20 mètres, sans faire beaucoup d’éclaboussures. Alors ne tâtonnez pas avec la ligne, et essayez de faire nager cette mouche. « Naturellement. »

    En supposant que vous puissiez y arriver, si le poisson suit et attrape le streamer, cela devient encore plus compliqué.

    Bien que l’Arapaïma n’ait pas de dents en forme de poignard, sa bouche est dure comme la pierre. Imaginez essayer d’enfoncer un clou dans un rocher, à une distance de 50 pieds, en tirant sur une soie reliée à un 60 livres de fluorocarbone. C’est cela d’essayer de mettre un hameçon dans la bouche d’un arapaima, c’est tout comme.

    Neuf fois sur dix, vous avez le cœur brisé. Au dixième essai, vous êtes à deux doigts d’avoir une crise cardiaque.

    Nous, les pêcheurs à la ligne, entendons souvent parler de scénarios où les gens sont responsables de la sauvegarde de certains poissons. Parce qu’on adore notre prise, et que nous voulons attraper cet être vivant, nous faisons ce qu’il faut pour protéger le poisson, et garder ce partenaire à proximité, tant pour nous que pour nous-mêmes, et également pour les générations futures. Et c’est toujours merveilleux.

    Dans le cas de la rivière Rewa, le village indigène de Rewa (et la tribu indienne Makushi) dans le sud de la Guyane, nous avons déjà pu voir comment les poissons, et l’écosystème, peuvent sauver les gens.

    La Guyane est un endroit incroyable. Grosso modo de la taille de l’Idaho, petit pays d’Amérique du Sud abritant plus d’espèces d’oiseaux, par exemple, que dans toute l’Amérique du Nord. C’est aussi la région la plus riche en espèces endémiques – espèces que l’on ne trouve qu’à cet endroit, nulle part ailleurs sur la planète.

    Il ne faut pas longtemps pour se rendre compte que cette partie de la Guyane abrite aussi le « plus grand » nombre de la plupart des créatures…Le plus grand fleuve du monde, les plus grosses araignées, les plus gros rongeurs terrestres, de grosses chauves-souris, de gros poissons, de gros chats de la jungle, et oui… le ou les plus gros serpents (anacondas) que l’on puisse trouver n’importe où.

    Et en vérité, il est également évident que, comme le veut la règle de la nature sauvage de la jungle, la plupart des créatures veulent te manger, du plus petit parasite ou larve d’insectes nés, aux jaguars et aux crocodiliens. « Tu dois faire attention où tu marches, à l’entrée et à la sortie de l’eau. Et comme nous avons passé quelques nuits à dormir sous une bâche en pleine jungle, suspendus dans des hamacs et drapés de moustiquaires, je ne pouvais pas cacher ce sentiment pendant que je m’assoupis (mal à l’aise). J’étais un peu comme un jambon prosciutto parfaitement enveloppé, pendouillant sous les arbres ».

    Mais nos guides autochtones étaient toujours vigilants et là pour prendre soins de nous. Ils ont maintenant découvert, dans les circonstances les plus improbables, que les pêcheurs à la ligne, et la pêche, pourraient bien être la clé du maintien de leur culture et de leur mode de vie.

    Comme beaucoup de communautés indigènes d’Amérique du Sud, dans les forêts, les Makushi, en une seule génération, parlaient l’anglais (la langue officielle du Guyana), d’autres ne l’ont pas fait. Le commerce avec la monnaie – ont été constamment soumis à des pressions pour se développer, dans leurs territoires et de changer leurs modes de vie traditionnels, pour le profit et le progrès.

    Il y a de l’or à extraire dans la jungle. Il y a de l’argent en coupant les arbres à blanc. Il y a aussi de l’argent pour le braconnage, la vente d’oiseaux exotiques, etc.

    Mais parce que la pêche à la mouche est venue dans cette région, les Makushi maintenant ont une alternative. En ouvrant une modeste exploitation « éco-lodge », à une poignée de pêcheurs à la mouche qui cherchent à attraper – et relâcher le poisson arapaima sauvage dans cette région, pour seulement deux semaines au printemps et deux semaines en l’automne chaque année, ils peuvent entretenir leur village et leur paysage avec un impact minimal.

    En fait, les impacts qui en résulte ont été positifs comme par exemple, un nouveau système d’eau potable, une nouvelle école, radicalement l’amélioration des soins de santé et la stabilité de l’emploi pour ces nombreuses personnes qui s’occupent directement et indirectement de cette quête de la capture, et étudiant scientifiquement, le dernier grand poisson sauvage d’eau douce de la terre.

    C’est vraiment remarquable. Preuve, même, que la pêche à la mouche, même en quantité limitée peut servir de catalyseur pour sauver les derniers animaux indigènes intacts, les cultures et lieux de la planète.

    Les gens me demandent : Quel est ton poisson préféré ? Quel est ton meilleur souvenir de tes aventures ? Quelle expérience t’a le plus marqué ?

    Et, bien sûr, je ne peux jamais donner une réponse claire, parce que c’est comme demander à un parent qui est son enfant préféré.

    J’aime tous les poissons, et toutes les aventures, et le plus important encore, toutes les personnes avec qui j’ai partagé ces expériences. J’aime également la truite fario indigène de 10 pouces de long dans les eaux canadiennes, dans l’arrière-pays du Colorado avec des amis et des mentors, comme j’ai attrapé des requins mako ou des tarpons de 100 livres avec d’autres amis proches. Voler en hélicoptères russes à la poursuite d’une gargantuesque truite arc-en-ciel avec des mouches imitant une souris…. pataugeant dans les Bahamas. Ou bien avec une canne à deux mains pour le saumon atlantique en Islande….

    « J’avais vécu une histoire ultime…. et peut-être un but ultime. »

    Tout va bien! Tout est incroyablement significatif. Je n’échangerais rien de tout ça contre le monde entier.

    Mais si la question était formulée un peu différemment. « Où vous êtes-vous senti le plus vivant, lors de vos voyages ? » Dans ce cas, la réponse serait simple.

    Je pense à un soir en particulier, en descendant la rivière Rewa en Guyane, dans un bateau avec Oliver White (qui m’avait guidé, moi et Al Perkinson (qui a eu l’occasion de se familiariser avec l’arapaima) en association avec le guide natif Rovin Alvin qui s’occupe du moteur à l’arrière du bateau.

    Nous étions en amont de la rivière, et nous avions échoué un arapaima dans un endroit isolé d’un bassin. L’obscurité était tombée, et comme nous naviguions vers l’aval vers Rewa Village, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer les centaines d’yeux rouges et perlés le long de la rive (yeux de caïmans noirs). Et je savais que si on heurtait un rocher ou une souche dans l’obscurité, projetés du bateau, nous aurions de gros ennuis.

    Mais Rovin connaissait cette eau comme sa poche. (C’est incroyable comment un respect commun pour la nature peut favoriser la camaraderie instantanée et le respect entre les gens qui viennent de très loin de différents endroits). Et les étoiles et le ciel étaient si éblouissants de diamants scintillants sertis sur un velours bleu foncé en toile de fond.

    C’était si brut, et primitif, et honnête… pendant que je réfléchissais, « Comment suis-je arrivé ici ? » Pourtant, en même temps j’ai su que j’étais là pour une raison. Et je savais que j’avais fait de cette expérience une histoire ultime…. et peut-être un but ultime.

    La pêche, la capture et le partage sont des choses uniques. Mais faire cela, à pour effet, dans un endroit si naturel, si sauvage… et sachant comment nous pourrions tous être capables, de faire quelque chose ensemble pour garder cela en mémoire….

    Depuis, c’est resté gravé dans ma mémoire. J’ai encore des rêves à propos de l’arapaima et de la Guyane. Vous pouvez rêver à beaucoup de choses avec les yeux grands ouverts. C’est ce dont vous rêvez…Après, un évènement vous répondra avec le plus grand effet.

    LES ÉLÉMENTS ESSENTIELS POUR VOTRE PÊCHE

    Tous ces articles sont à découvrir soit au magasin #le coin mouche ou bien sur notre site www.debefly.com

    Voici la fiche de montage de ce fameux streamer « bar paon »

  • L’HISTOIRE PASSIONNANTE D’UN PÊCHEUR A LA MOUCHE: Julien Lorquet.

    Bonjour Julien (G. D.), pourrais-tu nous décrire ton C.V. (ton parcours) en tant que pêcheur à la mouche?

    J’ai commencé la pêche tellement jeune que je ne peux pas dire précisément à quel âge. A l’époque, je pêchais la truite en étang et le carnassier en lac avec mon papa. C’est vers l’âge de 10-12 ans toujours avec ce dernier que j’ai découvert la pêche en rivière, à ce moment- là aux leurres et appâts naturels. C’est en 2001 que j’ai commencé à pêcher à la mouche. Depuis cette découverte, je n’ai pour ainsi dire plus pêché avec une autre technique. En 2002, suite à ma rencontre avec Philippe Hardy au salon de Charleroi, j’ai commencé la compétition en Juniors et l’année d’après le championnat en senior. Après cela s’en est suivi de nombreuses années de compétition. En 2015 et en partenariat avec Planet Flyfishing, je me suis lancé comme guide pêche afin de faire découvrir nos belles rivières de Wallonie. En 2016, j’ai eu la chance de débuter une belle aventure, à savoir intégrer l’équipe Mouches de Charrette. Ensuite, faute de temps, j’ai mis un peu de côté la compétition officielle et le guidage. Mais cette année, l’envie est trop forte et je me suis donc réinvesti un peu plus dans la compétition et je reprends mes activités de guide avec de nouvelles destinations en préparation.

    (G. D.)Voici un parcours de passionné, tu t’es forgé un nom dans le monde de la pêche à la mouche au niveau international. Pourrais-tu nous en dire plus de ce sport?

    La pêche à la mouche est la technique que j’affectionne le plus car elle permet d’être au plus proche de la nature  et demande une bonne connaissance du milieu et du comportement de nos partenaires de jeu. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le côté actif de cette pêche, le fait qu’on soit constamment en mouvement et en éveil. La pêche à la mouche, même si certains peuvent en douter, est une activité qui peut être très physique, et particulièrement en compétition. En plus de la technique, si on veut faire des résultats en compétition et tenir la longueur, surtout lors de longues compétitions internationales, il est nécessaire d’avoir une bonne préparation physique. Ce que j’apprécie aussi dans cette discipline, c’est qu’il est possible de leurrer presque tous les poissons. Avec cette technique, les sensations sont souvent démultipliées ; comme  par exemple lorsque l’on pêche la carpe, le brochet ou des poissons comme le bar, bonefish et autres poissons de mer.

    (G. D.)En plus d’avoir eu un parcours de renom international,  tu t’es investi comme organisateur/préparateur  de l’équipe junior belge de pêche à la mouche, peux-tu nous en dire plus ?

    Depuis cette année, j’ai repris le capitanat de l’équipe Junior et l’organisation du championnat de Belgique Junior. C’est une cause qui me tient à cœur car je trouve que l’on fait trop peu de choses en général pour les jeunes.  Si l’on veut que notre discipline perdure dans le temps, il faut essayer de leur donner l’envie de se rendre au bord de l’eau. Ne faisant plus de compétition internationale, j’ai envie de leur partager ce que je sais et de les faire progresser. Depuis cette année, on organise des journées d’entrainement pour les jeunes de l’équipe mais pas seulement : tous les jeunes qui souhaitent venir se joindre à nous sont les bienvenus.

    (G. D.)La technique, les sorties, sont les bases d’un Maître de pêche. Quelles sont selon toi les autres qualités requises pour être un bon pêcheur à la mouche ?

    Pour progresser dans la pêche à la mouche et je pense que c’est comme ça dans beaucoup de disciplines, c’est le travail et la remise en question perpétuelle. La compétition, si on veut la faire bien, demande beaucoup de sacrifices en temps et en énergie. On doit constamment  chercher à s’améliorer, dès que l’on trouve quelque chose, il faut chercher encore mieux. Ne jamais se reposer sur ses acquis.

    (G. D.)Quelles sont selon toi les erreurs les plus souvent commises par les débutants ?

    De nos jours, dans notre société, tout doit aller vite et les pêcheurs qui se mettent à la mouche veulent vite attraper du poisson et délaissent les bases au profit de techniques modernes comme la nymphe au fil qui est certes une technique redoutable mais qui peut vite avoir ses limites. Bon nombre de pêcheurs à la mouche et même de compétiteurs sont incapables de poser correctement une sèche. Pour moi, il ne faut pas brûler les étapes et si on veut évoluer sur le long terme, il est important de maitriser les bases avant toute chose.

    (G. D.)Si tu avais 5 mouches à emporter avec toi lors d’une sortie, quels seraient ces mouches ? En rivière et en réservoir ?

    En rivière je prendrais sans hésiter une phaisant tail, une nymphe spot orange , une perdigone noir à  cul rouge, une imitation de sedge et une oreille de chevreuil naturel.

    En réservoir, un sparkler, un boobie noir, un streamer olive, un chiro noir et un shettlecok

    (G. D.)Quelles sont tes destinations préférées ? En Belgique et à l’étranger ?

    En Belgique, ma préférence va à la Vesdre, même si la qualité de pêche a bien baissé, elle reste une rivière exceptionnelle où on peut avoir la chance de leurrer un joli poisson .Pour avoir beaucoup voyagé, je peux dire que nous avons la chance en Wallonie d’avoir de nombreuses rivières bien souvent riches en salmonidés. Nous ne devons bien souvent pas faire beaucoup de chemin pour trouver une bonne rivière près de chez nous. A l’étranger ce n’est pas évident car il y a pleins de belles destinations et toutes ont leur charme. Par contre il y a une pêche pour laquelle je suis devenu addict c’est la pêche exo avec de nombreux voyages en projets ! Il y a quand même une destination que j’aime en particulier ce sont les Bahamas et plus précisément sur Crooked and Acklins Trophy Lodge.

    (G. D.)Quelle image ont les moucheurs sur ces compétiteurs ?

    Il est difficile de répondre à cette question car il faut de tout pour faire un monde. Comme partout il y a des détracteurs qui ont leurs raisons, d’autres qui sont indifférents et d’autres qui seront amateurs de compétitions. En tout cas tout ce que je peux dire c’est que la pêche à la mouche est avant tout un loisir et comme tout loisir, le but est de prendre du plaisir. Chacun va trouver son plaisir différemment, certains, ce sera en pêchant un joli poisson à vue, d’autres en pêchant le réservoir, pour certains ce sera le fait de se retrouver seul au bord de l’eau ou avec des amis et pour d’autres ce sera la compétition. Le principal c’est que chacun soit heureux dans sa passion dans le respect des uns et des autres.

    (G. D.)Un tout grand merci Julien Lorquet.

  • La préservation des frayères à truites.

    « C’était la fin d’octobre. Dans l’automne frissonnant, les truites allaient vers l’amont en glissants pèlerinages, par deux, par trois, par groupes aux ombres troublantes. Les femelles allaient devant, sourdement pressées par la poussée de leurs flancs ; les mâles suivaient, secoués de courtes jalousies »

    Sylvain et Ludovic Massé – Lam la truite

    Nos rivières et nos populations de truites sont soumises à de plus en plus d’agressions, qu’elles proviennent de l’activité humaine (pollutions, urbanisation, etc) mais aussi de l‘explosion des effectifs de certains prédateurs (cormorans, hérons, etc.). Dans ce contexte, la reproduction des truites prend une toute autre importance que dans le passé, voilà pourquoi à la veille de l’ouverture de la pêche il me semble important de vous sensibiliser une nouvelle fois sur le sujet.
    Il faut bien avoir à l’esprit quelques données :
    • Plusieurs années sont nécessaires pour que la rivière produise un géniteur : deux ans pour le mâle et trois ans pour la femelle. Souvent la première ponte est de piètre qualité, et généralement les femelles de quatre à six ans sont les meilleures reproductrices… les œufs sont plus gros et donnent des alevins plus robustes et plus vigoureux que les autres ;
    • Les frayères sont très peu nombreuses : elles dépendent du substrat et de la vitesse du courant et en la matière les truites sont très sélectives, ce qui les obligent à migrer sur plusieurs kilomètres. Une fois parvenues sur un site adapté il ne faut pas croire que les frayères soient nombreuses. Parfois il faut parcourir plusieurs centaines de mètres à pied pour aller d’une zone à une autre ;
    • La quantité d’œufs dépend du poids de la truite, elle en produit environ mille-cinq-cents œufs par kilo ;

    Les œufs et les alevins sont vulnérables plusieurs mois, la durée exacte dépend de ce que l’on nomme les « degrés jours » qui se calcule en multipliant la valeur de la température de l’eau par le nombre de jours. Exemple : si la température de l’eau est à 5°C pendant 10 jours cela représente 50 degrés jour.
    L’oeuf de la truite se transforme en alevin au bout de 420 degrés jours. Mais ces alevins restent prisonniers des graviers, complètement immobiles, pendant encore 310 degrés jours. Ce n’est donc qu’à l’issue de ce long processus (730 degrés jour) qu’ils s’échappent du substrat et sont observables en bordure. Entre temps ils sont très sensibles aux :
    • Pollutions, et notamment aux épandages massifs de sels de déneigement ;
    • Variations importantes de débit (crue, sécheresse, mais surtout activité des barrages hydroélectriques) qui risquent de tuer en quelques minutes 100% du frai, ce qui ne manque pas de se produire régulièrement.
    • Piétinement des pêcheurs et autres amateurs de sports d’eaux vives, qui ont la fâcheuse tendance à marcher en bordure sur les graviers, alors que c’est à cet endroit que les truites ont frayé quelques mois plus tôt.

    Je voudrais insister sur ce dernier point : au début du printemps le niveau des rivières est traditionnellement haut, à cause des pluies et de la fonte des neiges. Les pêcheurs hésitent à s’aventurer en pleine eau de peur d’être emportés par le courant. Ils opèrent donc en bordure, les pieds dans quelques centimètres d’eau seulement. Le courant est violent donc ils traversent la rivière sur les fins de lisses qui offrent plus de sécurité. Ils évitent de marcher sur les pierres car elles peuvent être glissantes, et recherchent les zones de graviers qui se révèlent être beaucoup plus stables. Or ce sont sur ces mêmes zones (bordures, fin de lisses) que le frai a eu lieu quelques semaines plus tôt.
    J’aimerais que vous soyez conscients du fait que jusqu’à la sortie des alevins, chaque pas effectué sur la zone de frai tue un certain nombre alors de grâce abstenez-vous car c’est l’avenir de la rivière que vous mettez en péril !
    Les photos ci-après vous montrent l’état de frayères à la fin du mois de mars (soit trois mois après le frai).

    En dépit du temps écoulé, les lieux de ponte sont encore parfaitement visibles. Les graviers, remués et nettoyés par les truites lorsqu’elles creusent leur nid, sont encore de couleur claire, ce qui contraste nettement avec le fond de la rivière. N’importe quel pêcheur soucieux de préserver l’avenir est capable de visualiser ces zones en action de pêche. Dans la mesure du possible limitez les déplacements dans l’eau et évitez les zones de graviers, particulièrement celles qui sont de couleur claire (signe potentiel de la présence d’un nid).
    Christophe Noharet
    Texte et photos de Christophe Noharet – Livre « Confessions d’un pêcheur à la mouche »

    Merci à Christophe.

  • La science des couleurs pour le réservoir Recettes gagnantes.

    Au salon « La fête de la Pêche à la Mouche » de Roselies ou bien le « Fly Happening » de Putte démontre encore une fois le plus clairement qu’il y a actuellement un nombre exubérant de couleurs dans les matériaux de montage mouches. Allant de la goutte bicolore avec de la poudre rose bonbon et ananas fritz, des billes OFF arc-en-ciel ou des couleurs piquantes fraise avec une lisière jaune picrine. Vous ne pouvez pas l’imaginer, si fou et non seulement les débutants, mais aussi les vieux briscards, fadas mordus du montage, tous à la recherche de ces couleurs tout en tournant telle une marée d’yeux autour des stands commerciaux.

    Le monde de la pêche à la mouche est un monde merveilleux d’autant que Madame la truite nous étonne encore chaque jour. Quelle est la couleur de la mouche qui vous garantit d’attraper du poisson ? Pas une seule couleur, car la truite est si curieuse et goûteuse qu’aucune couleur ne lui suffise. Habituée à la pêche à la mouche, capturée et remise à l’eau, sont les éléments qui rendent la truite suspecte, méfiante, timide voire léthargique, dans le pire des cas plus rien à manger, perdre de poids et mortalité. Pour les pêcheurs à la mouche, il est important d’utiliser des techniques de plus en plus sophistiquées, d’inventer d’autres batteries de mouches et de travailler intelligemment pour faire mordre la truite. Il n’est pas nécessaire d’avoir une gamme de couleurs épurée pour réussir. Tout dépend de l’offre avec un motif fixe de couleurs saisonnières qui se produisent dans la nature. Certitudes calibrées que vous ne pouvez pas ignorer lors de l’achat d’une gamme de mouches artificielles ou en tant que vous-même monteur. Imaginez un instant que depuis longtemps vous n’avez plus pêché un certain réservoir et que vous ne savez pas exactement quels insectes sont mangés par les truites à ce moment, ou sur quelles mouches elles mordent? Pour les débutants, et pour beaucoup d’autres aussi, un grand point d’interrogation avec la question récurrente « Quelle couleur » ? Faites confiance à vos sentiments, faites ce que vous voulez, commencez par des couleurs neutres et si aucun résultat, passez aux autres couleurs, on ne sait jamais !

    Equipement de base

    Toute personne qui commence à la pêche en réservoir a besoin d’un équipement adapté, comme dans toutes les disciplines. On suppose généralement qu’une canne de 10 pieds est la norme. En gros, une 10′ # 5/6 est utilisée pour la pêche en mouches sèches et émergentes, une 10′ # 6/7 pour la pêche en nymphes, buzzers et petits streamers et enfin une 10′ # 7/8 pour la pêche aux grands streamers, snakes, boobies, etc. Avec ces cannes, vous pouvez pêcher à partir du rivage, d’un bateau vers le centre et/ou d’un bateau en dérive.

    Si vous voulez une canne d’usine, vous trouverez sûrement quelque chose à votre goût au magasin « Le Coin Mouche », si vous voulez une canne sur mesure alors jetez un coup d’œil à #fishbonecustomrods

    Leurres

    Presque tous les débutants ont toujours commencé avec l’idée que seule une truite peut être pêchée avec des leurres (les streamers, les blobs, les attractors) sur nos petits réservoirs belges ou par exemple sur « De Ronde Bleek » où vous pouvez aller pêcher avec un float-tube ou une barquette, où les poissons sont régulièrement relâchés. Cela se traduit par des créations les plus inventives et les plus folles qui font sauter de joie les fabricants de mouches artificielles ou les amateurs de l’étau de montage. Surtout la mastodonte des mouches, une mouche serpent peut avoir une longueur de 15 cm, puis mettre des yeux en mousse de 8 mm dessus et vous obtenez un’Snooby’ (snake – booby) et beaucoup de truites se font avoir comme une écolière quand elles voient cela passer dans l’eau.

    La chasse de la truite en rapport aux grands serpentins doit avoir de l’action et cela s’obtient principalement par l’utilisation de long marabout et de bandes lapin comme ailes ou queue. Le noir, le blanc, l’olive et peut-être même l’orange sont les couleurs les plus courantes, mais nous sommes maintenant ensevelis dans les couleurs soleil, magenta, corail et en plus des couleurs et nuances fluorescentes. Des leurres qui imitent les petits poissons, les grenouilles, même les souris et les guirlandes, mais que faire si la pression de la pêche à la mouche augmente maintenant que la remise à l’eau est un fait établi ? Après un nouveau lâcher de poissons, les couleurs vives marqueront des points, mais il s’avère rapidement que les couleurs neutres noir, olive et blanc continuent à attraper les poissons, donc le choix se fait rapidement.

    L’obscurité et l’enfer

    La couleur de l’eau du lac ou du réservoir détermine souvent le choix des mouches. Pour les débutants, cela semble contradictoire, mais par temps sombre ou en eau sombre, les mouches sombres (et surtout noires) obtiennent de bons résultats. Le vent peut colorer l’eau le long de la rive sur laquelle le vent se dresse considérablement, puis les mouches de couleur foncée s’emparent de l’eau. Les contours d’une mouche noire se voient mieux dans l’eau sombre. Il en va de même pour la pêche du soir. L’inverse est également vrai, un temps clair signifie des couleurs claires ou vives pour vos mouches. Pêcher à la mouche  avec des couleurs vives quand le soleil brille abondamment fait le travail rapidement et en toute sécurité, en particulier orange, jaune et corail peuvent donner un bon coup de fouet.  Ajoutez un peu plus de brillant comme le fritz ou le cactus chenille pour le corps des mouches ou le flash dans la queue et vous ferez un bon bout de chemin.

    Les couleurs en eaux chaudes

    La truite est un animal à sang froid qui réagit naturellement et spontanément aux fluctuations de la température de l’eau. Un printemps précoce et chaud, et les poissons deviennent très actifs, surtout vers le début de l’été quand il y a beaucoup d’insectes. L’été dernier était à nouveau extrême, si la température de l’eau va vers 18-20 °c, ou plus, alors ça devient une autre histoire. Trop peu d’oxygène dans l’eau signifie que les truites mangent moins ou pas du tout, mais quand la température de l’eau est agréable (pour la truite) à environ 14-16 °c, elles sortent. Même les spécimens hivernés voudront se nourrir et ne sont pas opposés aux couleurs corail, orange, rose et soleil. Non seulement dans les streamers, mais aussi comme’spots’ dans les Crunchers ou les buzzers. Ce n’est pas pour rien que la plupart des buzzers ont des joues aux couleurs vives ou des côtes rouges holographiques.

    Les couleurs en eaux froides

    Pendant l’hiver, c’est une toute autre histoire, même pendant les froides journées d’automne ou les apports d’eau froide d’un ruisseau ou d’une source d’eau froide souterraine, et la truite devient léthargique. Une différence d’un ou deux degrés dans la température de l’eau fait une grande différence pour les salmonidés. Lorsque l’eau est peu profonde et froide de part en part, il devient difficile de séduire la truite.  Pêchez à la mouche lentement (par ex. FAB’s ou Boobies) en blanc, jaune et rouge est ma tactique préférée et sont mes mouches préférées. Les eaux profondes qui permettent aux poissons de migrer vers des endroits plus chauds et plus profonds offrent plus de possibilités, mais surtout avec des couleurs foncées comme le noir et le brun foncé. Plus l’eau est profonde, moins la lumière pénètre dans les parties profondes du réservoir. Une couleur non conventionnelle comme le bleu? Peut fournir des surprises surtout avec de l’argent dans les ailes ou sur le corps.

    Les couleurs criardes

    Malgré le fait que je ne suis pas un grand amateur de grandes mouches aux couleurs criardes, il y a des moments où il est difficile de faire autrement. Par exemple, pendant la montée des mois chauds de l’été, l’eau commence à fleurir et les puces d’eau (daphnies) apparaissent en masse. Les truites adorent ces petits animaux aquatiques et nagent la bouche grande ouverte, tout comme les requins pèlerins chassent le plancton. Cette nourriture se  balance comme une  » soupe  » riche en protéines, comme s’il s’agissait de crème fouettée et essayons de l’imiter. Sous l’influence de la lumière du soleil, les carapaces des puces d’eau peuvent prendre la couleur orange et même la couleur chartreuse, ce qui leur permet de devenir des motifs  » éblouissants  » avec un aspect fluorescent. Choisissez par exemple un Cocktail Blob ou un Traffic Light Booby. Cela peut sembler flashi, mais n’oubliez pas qu’un mouche aux yeux flash au-dessus de l’eau aura un aspect très différent dans l’eau qui a été assombrie par des proliférations d’algues. Sur les petits réservoirs, l’accoutumance à ces schémas peut se produire et vous voyez qu’immédiatement quand la truite suit la mouche et à la dernière minute tourne le dos, « Assez ce désordre fluorescent » vous les entendrez penser. Passez ensuite à des couleurs plus neutres telles que olive, brun ou même gris.

    Les couleurs naturelles

    Si c’est l’heure de passer à table pour les truites, vous feriez mieux de choisir des couleurs naturelles. Avec des mouches relativement grosses, préférez les streamers, les sparklers, les imitations d’alevins et d’autres imitations de poissons, vous rechercherez d’ici la fin de la journée la grosse truite, de préférence la grosse truite de mer. Les petits poissons-appâts ont généralement une couleur argentée et blanchâtre avec un dos de couleur olive, éventuellement un peu éclaircir avec une gorge teintée de rouge (comme une épinoche). Commencez toujours par des couleurs neutres, sans action, vous pouvez toujours ouvrir votre boite à mouches avec les couleurs éblouissantes. Choisir la bonne couleur n’est pas si évident et ressemble à une cacophonie de possibilités, mais il faut tout mettre en perspective et se fier à ses sentiments. Oui, la pêche à la mouche reste un jeu coloré, on ne peut pas y échapper, c’est ce qui la rend si excitante. Pour ceux qui montent ou ne montent pas, l’une des plus grandes gammes de matériaux de montage et de mouches prêtes à l’emploi peut être trouvée sur

    Plus de détails

  • Richard Franck

    Bonjour Richard (G. D.), pourrais-tu nous d’écrire ton C.V. (ton parcours) en tant que pêcheur à la mouche?

    Richard Franck est né en 1953 à Arlon en Belgique.

    Licencié en éducation physique, il fut également professeur de sciences ( biologie, chimie, physique ) à Habay-la Neuve,son lieu de résidence et c’est en 2011 qu’il prit sa retraite d’enseignant.

    Il est également Président Fondateur et conseiller technique du Caddis Club de Martelange et le premier moniteur ADEPS de pêche à la mouche

    Sa passion pour la pêche débuta en 1960, mais ce n’est qu’en 1973, alors que du haut d’un pont sur la Semois, il contempla un pêcheur à la mouche tout en admirant sa dextérité et la beauté des arabesques dessinées par la soie qu’il décida d’apprendre l’art de la pêche à la mouche.

    Champion de Belgique trois fois, il fut membre à six reprises de l’équipe nationale belge pour les Championnats du monde(1984, 1986, 1987, 1988, 1989 et 1990), avec à la clé, à l’inter-équipe, un titre de Vice-champion du monde en 1986 et une troisième place en 1990 et deux places de cinquième.(1984 et 1989)

    Détenteur à quatre reprises de la Coupe de Belgique

    Vainqueur individuel du premier grand prix BFFC et à deux reprises de l Open du Grand Duché de Luxembourg, il obtient une 3e place lors de la coupe d Europe en 1993.

    Il met un terme à sa carrière internationale de compétiteur fin 1993 et ne participe plus qu’à des concours amicaux… où il figure souvent sur le podium., comme à Tala (Fr), Weisswampach et Echternach (GDL) et Herbeumont, Bouillon, Rabais (Bel)

    Enseignant convainu, il a voulu mettre son expérience au service des jeunes de 7 à 77 ans , dans un premier ouvrage paru, à compte d’auteur, en 1995  … un second paru aux Editions Weyrich en 2006 et deux derniers tomes, toujours aux Editions Weyrich en 2012, suite à l’épuisement de l’ édition précédente !

    Enfin, il accepta d’être capitaine de l’ équipe nationale belge de pêche à la mouche pour les championnats du monde en 2013 et 2014, la seconde expérience dégouté par le manque de franchise et de politesse de certains compétiteurs l’amènera à clôturer une vie de pêcheur, formateur et promoteur de ce noble art pour se consacrer à une nouvelle passion qui est la photographie animalière.

    (G. D.)Voici un parcours de passionné, tu t’es forgé un nom dans le monde de la pêche à la mouche au niveau international. Pourrais-tu nous en dire plus de ce sport ?

    Plus qu’un simple passe-temps ou un sport, la pêche à la mouche constitue un art, un véritable mode de vie dans lequel, la technique, les tactiques, l’état d’esprit qui s’en dégage, forcent le pêcheur qui s’y adonne vers plus d’observation, plus de désir de se perfectionner, plus de sagesse et plus d’envie de transmettre son savoir…

    Pour être considéré comme pêcheur à la mouche, il faut savoir-vivre et communiquer avec la nature, se montrer observateur, patient, attentif, capable d’agir en fonction des différents paramètres et ne jamais cesser d’apprendre car il y a toujours de nouvelles expériences à vivre.  C’est, à mon sens, ce qui fait de la pêche à la mouche une passion, une obsession, voire une véritable religion.

    Le pêcheur doit arriver au bord de l’eau sans idées préconçues. Il doit être capable de pratiquer n’importe quel type de pêche. C’est l’aspect pluraliste de la pêche à la mouche qui varie en fonction des conditions qui règnent sur l’eau, et qui peuvent changer d’une saison à l’autre… parfois même au cours d’une seule journée. Chaque type de pêche ( sèche, nymphe, noyée, streamer ) étant complémentaire, il convient de connaître parfaitement les facteurs qui règlent la vie des poissons, leurs habitudes, la manière dont ils se nourrissent.

    A ces facteurs propres à la vie des poissons, il paraît essentiel d’ajouter les innovations techniques qui nous permettent aujourd’hui de pêcher plus profond, plus long que nos prédécesseurs.

    Cependant, on assiste depuis bientôt un quart de siècle à une forme de pêche qui, du fait de son efficacité, est devenue la seule technique qui permette de monter sur le podium lors des championnats nationaux et internationaux, une forme de pêche à très courte distance, sous la canne, semblable à la pêche au toc et au ver de terre avec parfois un bouchon … qui ne répondrait plus à mon attente et qu’il m’était difficile d’y adhérer, c’était une des raisons et non des moindres pour lesquelles j’ai mis fin à ma carrière de compétiteur. J’en ai d’ailleurs fait une question de déontologie .

    (G. D.)La technique, les sorties, sont les bases d’un Maître de pêche. Quelles sont selon toi les autres qualités requises pour être un bon pêcheur à ma mouche ?

            Il faut d’abord comme l’écrivait déjà Lord Grey of Fallondon dans son « Fly Fishing » en 1947 que le pêcheur parte avec la perspective de piquer un poisson et que ce dernier produise en lui ce sentiment d’excitation qui fait naître en lui le désir de succès.  C’est à la base du charme de la pêche.

            Il doit ensuite avoir assez d’aptitudes corporelles et de vigueur pour pouvoir porter le poids d’une journée de pêche, marcher parfois, plutôt souvent dans l’eau, manier adroitement la canne et le poisson,bien qu’il ne soit pas nécessaire de disposer d’autant de dextérité de membres, de précision de la vue et de force qu’il n’est requis pour connaître le grand succès dans d’autres sports…

            Pour réussir à la pêche, il faut acquérir la rapidité et la souplesse du poignet, la maîtrise dans la manœuvre de la canne, le bon tempo, en un mot, une certaine adresse personnelle. L’art de lancer une mouche ne peut pas s’enseigner par une explication. Grand bien nous est fait en observant ceux qui le possèdent. Mais l’art de la pêche à la mouche ne s’acquiert que par la pratique, au prix d’un effort soutenu, calme, intelligent, qui fera que vous ne serez plus troublés par le vent ou par les obstacles de la rivière.

            Bien lancer la mouche est un pas essentiel mais à lui seul insuffisant. Le pêcheur doit apprendre à connaître le poisson et son écosystème, il doit relever les conséquences des différents états des eaux, observer avec attention où se trouve le poisson, de quel insecte il se nourrit en fonction de la journée et des saisons. Avoir ce que certains appellent le sens de l’eau.

            Nous voilà donc en possession des deux principales qualités : une certaine adresse et un esprit attentif et observateur. S’il fallait en ajouter une troisième, ce serait la maîtrise de soi. Combien de fois n’ai-je pas entendu dire : « je n’ai pas la patience pour aller à la pêche « . … Il serait plus exact de parler de maîtrise de soi car si un pêcheur a vraiment le feu sacré, il aura beaucoup à lutter contre lui-même à ses débuts. Il est vrai qu’il y a des jours où rien ne va. L’hameçon s’accroche sans cesse dans les branches ou les renoncules, le poisson s’obstine à prendre des mouches naturelles sans regard pour notre imitation. Tout cela peut pousser à la précipitation ; en un mot, à mal pêcher et aboutit parfois au désappointement, voire au dégoût.

    Enfin, je me suis souvent posé la question , ces dernières années, au vu de la politique de gestion de nos cours d’eaux , si ma passion pour la pêche aurait existé … en cause :

    il y a de moins en moins de poissons dans nos cours d eaux, suite à des pollutions accidentelles mais souvent évitables, même si un effort a été consenti au niveau des stations d’épuration des eaux usées,  la non réglementation et le manque d intervention de nos politiques vis à vis de l invasion d’oiseaux nuisibles tels les cormorans, grands prédateurs piscicoles , l’augmentation des autoroutes et de l urbanisation avec l’épandage de sel, sodium en hiver…. ions évacués dans nos rivières suite au  ruissellement, … bonjour l’ invasion des renoncules, l agriculture intensive avec l apport de nitrates  et surtout la culture du maÏs sur terre nue entrainant un afflux de sédiments par les pluies et orages sur le lit de nos rivières, mettant fin au développement et à la survie de nombreuses larves et nymphes aquatiques nageuses et rampantes,… finies les belles éclosions et la pêche en sèche. Après, on prône le no-kill auprès des pêcheurs mais de grâce, ayons une politique halieutique et touristique saine qui nous permettra de ne pas aller voir ailleurs où la pêche nous re procure du plaisir…

    A la question aurais- je été pêcheur, ma réponse est non ! cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien changer et grand merci aux fédérations de pêcheurs et sociétés qui luttent pour une amélioration de la politique halieutique .

    (G. D.)Quelles sont selon toi les erreurs les plus souvent commises par les débutants ?

    La précipitationou mettre la charrue avant les boeufs… Beaucoup de pêcheurs et plus encore les débutants négligent le stade de l’observation, de l analyse du secteur de pêche. Prendre et non perdre le temps d’étudier l’endroit de pêche pendant quelques minutes avant de rentrer en action de pêche. Ensuite, avant de rentrer dans l’eau, il vaut mieux attaquer les poissons du bord, quitte à prospecter en utilisant la technique de l arbalète .Enfin lorsque l’on rentre dans l’eau, toujours délicatement faut-il le rappeler, on pêche les poissons les plus proches et ensuite on s attaque aux plus lointains en n oubliant pas les plus gros qui se trouvent sous les branches des arbres surplombant la rivière et les trous d’ombre.

    Pour terminer, restez humble , savoir que l’on apprend toujours et ne pas cesser de se remettre en question… Si au début, on mesure sa dextérité au poids des poissons attrapés, le second stade est celui , non pas de la quantité mais bien de la qualité, rechercher les poissons plus difficiles et qui plus est avec une mouche de sa fabrication, mieux, sortie de son imagination !!! et partager son vécu de la journée entre amis, devant un Orval , un petit repas , ou tout autre moment de convivialité.

    (G. D.)Si tu avais 5 mouches à emporter avec toi lors d’une sortie, quels seraient ces mouches ? En rivière et en réservoir ?

    En rivière :

    une San Killer,un petit serge  corps en poils de chevreuil taillé façon Goddard sedge

    un petit cul de canard surmonté de quelques poils de cervidés, corps olive

    une nymphe de Pheasant tail classique, montage inventé par l anglais Frank Sawyer

    une nymphe casquée, Spot orange, bille teintée en orange ou collerette orange derrière une bille dorée et corps en sabre de faisan cerclé d’un fin fil de tinsel

    un gammare,corps dubbing rose orange.

    En réservoir :

    une oreille de lièvre classique, sur hameçon fort de fer, et quelques spires espacées de fin tinsel

    Une Strange Favorite de ma création, cul de canard noir avec 3 plumes de cdc foncé corps noir cerclé de fil de cuivre rouge

    un scarabée noir surmonté de qq fibres d antron rose pour  mieux la localiser sur l’eau en présence de vagues

    un Blobby Sunburst,alliance d’un booby  (2 yeux en polystyrène ) et d’un blob chenille de couleur  jaune Sunburst

    un black pulling buzzer noir, imitation entre un fin streamer noir et une nymphe de damsel, libellule agrion

    (G. D.)Quelles sont tes destinations préférées ? En Belgique et à l’étranger ?

    En Belgique:

    en rivière: la Semois à Azy, c’est là que tout à commencer, voilà bientôt 60 ans, ensuite , j apprécie également l Amblève et par le passé, l’Ourthe au Hérou , je ne connais pas la Vesdre !

    En réservoir: Rabais, la Strange et Freux, 3 réservoirs de ma verte province

    A l’étranger:

    en rivière: la Ribnic en Bosnie et par le passé, la Soca et la Sava en Slovénie, la San en Pologne et la Dije ou Thaya en Tchèquie

    en réservoir: Sommedieue , Chaise dieu,Gemages et Coyolles en France ainsi que Bewl Water et Rutland Water en Angleterre

    (G. D.)Quel image ont les moucheurs sur ces compétiteurs ?

    Etant ancien compétiteur, je m’intéresse encore un peu aux résultats des grandes compétitions (WFFC et EFFC ainsi que master et youth compétition) mais je pense que la grande majorité des pêcheurs y sont indifférents. Mes différents titres ne m ont rien apporté en notoriété sinon des jalousies … La publication de mes ouvrages, c’est différent et mon vécu de pêcheur compétiteur médaillé a  influencé positivement mon éditeur et peut être certains futurs lecteurs. La compétition m’a permis de me faire de nouveaux amis, de prospecter de nouvelles rivières et lacs et d’améliorer les techniques et stratégies de pêche mais si vous demandez à un pêcheur qui est champion de Belgique ? ou même  qui est champion du monde de pêche à la mouche en individuel ou en équipe, mis à part certains membres de club, monsieur tout le monde voire pêcheur de village, il s’en moque, même les médias sont peu influencés d’ou la difficulté de trouver des sponsors pour l équipe nationale et c est dommage que la pêche soit considérée comme loisir ou hobby et non comme sport de précision et qu’un minime partie des permis de pêche vendu ne vienne pas améliorer la promotion de notre art et passion.

    (G. D.)Un tout grand merci Richard Franck.